Fêtes ducales en mai 1445 en présence du roi de France, à l'occasion du mariage de Marguerite d'Anjou, fille de la duchesse et du duc de Lorraine et de Bar, avec le roi d'Angleterre.

Une nef d'or ou d'argent doré placée devant le maître de maison servait à recueillir les morceaux non consommés. Sur la table dressée dans la grande salle du palais on sert les animaux les plus rares :

- paons, hérons, cigognes rôtis à la broche et dorés à l'or ou au safran,

- du gibier, d'énormes pâtés à croûte argentée pouvant contenir un chevreuil entier,

- des pigeons, des lapereaux, des esturgeons cuits au persil et au vinaigre,

- des épaules de mouton farcies, fourrées de fromage et d'omelette épicée puis, une fois cuites, recouvertes de feuille d'or,

- des gelées, des fromages et des "jonchées" de fraises,

- des sucreries, prunes confites et étuvées dans de l'eau de rose, confitures, dragées.

Le tout est arrosé d'hypocras, un vin épicé et miellé. On mange les morceaux solides avec ses doigts qu'on essuie à la nappe (la fourchette n'apparaîtra qu'au XVIIe siècle). Fêtes, festins, danses, ballets et joutes qui ont lieu devant le palais ducal ou place Saint-Epvre, durent plusieurs mois.

Les dames son élégantes, le front bien dégagé car la mode est alors de se raser la racine des cheveux, robes de velours brochées en fil d'or, manches traînantes ornées de broderies, surcots de satin pourpre, rehaussés de perles et de pierres précieuses, manteaux de drap de Florence doublés d'hermine à queue interminable.

Elles relèvent leurs cheveux sur les tempes en les enveloppant d'une résille sur laquelle est fixée une coiffe flottante.

source:  Pauvres Duchesses 

de Jacqueline Carolus-Curien,

Editions Serpenoise

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